Vous aimez les comics qui dérèglent les codes du super-héros ? Oni Press annonce une relecture audacieuse. Citizen: Stardust arrivera en avril 2027, dans l’édition américaine.
Oni Press prépare Citizen: Stardust, maxi-série en douze numéros prévue pour avril 2027. Dave Baker et Malachi Ward revisitent Stardust the Super Wizard à travers le récit d’un projet de film impossible. Cette relance éditoriale plonge dans l’étrangeté des comics de Fletcher Hanks.
Citizen: Stardust, la relance d’Oni Press
Oni Press et Dave Baker s’associent à Malachi Ward pour une maxi-série de douze numéros. Le premier comic book est prévu pour avril 2027. Ward signe le dessin, tandis que Dave Stewart assure les couleurs.
La série ne reprend pas simplement les aventures du héros des années trente. Une production de film impossible sert plutôt de porte d’entrée vers son héritage. L’intrigue suit Barclay Flagg, ancien acteur hollywoodien associé au rôle de Stardust. Une tentative de meurtre bouleverse sa carrière et sa vie, selon le synopsis annoncé par Oni Press.
Le projet s’inscrit dans les annonces dévoilées autour de la New York Comic Con. Douze numéros pour tout explorer donnent aux auteurs le temps de développer cette idée méta. La série promet une réflexion sur la création, la célébrité et les limites du cinéma. Elle pourrait ainsi déplacer l’attention du justicier vers ceux qui tentent de le représenter.
Stardust the Super Wizard, héros du Golden Age
Fletcher Hanks créa Stardust en 1939, au début de l’essor des super-héros américains. Le personnage paraît dans Fantastic Comics, aux côtés de créations comme Samson, dessiné par Will Eisner. Dans cette période, les éditeurs multiplient les héros capables de rivaliser avec Superman. Découvrez d’autres repères dans notre dossier sur l’histoire des comics.
Stardust détonne par son pouvoir presque sans limites et son absence d’origine détaillée. Sa justice prend une forme brutale, parfois cruelle, loin du modèle moral qui dominera plus tard. Hanks dessine des scènes aux proportions étranges, proches du rêve fiévreux. Ce style donne à ses récits une étrangeté encore visible aujourd’hui.
Hanks travaille dans le comic book entre 1939 et 1941, puis disparaît presque des récits publics. Son œuvre nourrit des lectures critiques du super-héros classique, même si son intention reste difficile à établir. Alan Moore fait référence à Stardust dans La Ligue des Gentlemen Extraordinaires. Le personnage attire aussi les lecteurs par ses excès, qui bousculent les conventions du genre.
Fletcher Hanks et l’héritage de Stardust
La redécouverte moderne de Hanks doit beaucoup à Fantagraphics et à l’éditeur Paul Karasik. I Shall Destroy All Civilized Planets, paru en 2007, rassemble ses récits les plus singuliers. Le volume reçoit un Eisner Award dans la catégorie des recueils d’archives. Il offre aux lecteurs un accès direct à cette bande dessinée radicale.
Stardust rejoint ensuite le domaine public, ce qui permet de nouvelles interprétations éditoriales. Cette liberté ouvre plusieurs pistes, de la parodie au récit d’auteur. Citizen: Stardust choisit une voie moins attendue : raconter le rêve d’une adaptation sans limites. Le projet prend ainsi le personnage comme matière première, plutôt que comme simple héros d’action.
Barclay Flagg au cœur du récit méta
Barclay Flagg incarne le lien entre cinéma et comics dans le synopsis de la série. Ancien acteur associé à Stardust, il reçoit une proposition de The Institute, un centre dédié aux expériences artistiques. L’organisation finance son projet de film, sans contrainte de budget selon l’annonce. Une promesse séduisante qui cache vite une difficulté créative.
Le nom Flagg fait écho à Fletcher Hanks, qui employait aussi cet alias. Cette référence relie fiction et biographie, tout en donnant un relief particulier au choix du protagoniste. Hanks avait également créé Fantomah, héroïne aux accents pulp. Les lecteurs familiers de son œuvre pourront donc repérer plusieurs clins d’œil.
Le synopsis oppose le désir de liberté aux limites d’une adaptation destinée au cinéma. Stardust devient ici une idée trop vaste pour les cadres habituels du spectacle. Cette tension rappelle les récits sur les projets artistiques démesurés, de Jodorowsky’s Dune à Lost in La Mancha. Baker et Ward peuvent ainsi jouer avec la frontière entre hommage et satire.
Une bande dessinée prévue pour avril 2027
Malachi Ward dessine les premières planches, tandis que Dave Stewart apporte les couleurs. Les aperçus publiés mettent en valeur une approche visuelle distincte, en accord avec la nature étrange du sujet. Le premier numéro de Citizen: Stardust doit paraître en avril 2027 dans l’édition américaine. Les informations disponibles ne précisent pas encore de date française.
Pour Oni Press, cette relance éditoriale associe une figure ancienne à une narration contemporaine. Le résultat mise sur le décalage entre l’icône du Golden Age et les ambitions d’un film fictif.
La promesse ne tient donc pas seulement à la résurrection d’un super-héros oublié. Citizen: Stardust interroge aussi le geste d’adaptation et le prix d’une liberté artistique totale. La série dispose de douze numéros pour déployer ce jeu de miroirs. Quel aspect de l’héritage de Hanks vous intrigue le plus ?

